Lettre manuscrite de Suzanne et Mathieu Dreyfus, adressée à Alfred Dreyfus à l'île du Diable, datée du 25 mai 1896


Lettres de Suzanne et Mathieu Dreyfus, à leur frère et beau-frère Albert, à l'Ile du Diable, lui donnant courage et réconfort. Lettre de Mathieu au dos de celle de Suzanne. Tampon et signature du Chef du Bureau de l'Administration pénitentiaire.

Extrait : « Mon cher Alfred , oui comme te le dit aujourd’hui Suzanne, comme nous te le disons tous, sois patient et aie confiance ; l’heure sonnera pour toi où tu pourras crier à ceux qui t’ont condamné qu’ils ont condamné un innocent. Nous n’avons qu’un but, c’est de voir ton nom, notre nom, lavé de cette souillure. Nous y arriverons, sois en persuadé. Il nous faut, à toi comme à nous tous de la patience, beaucoup de patience. Nous souffrons avec toi et cruellement mais (qu’importent : mots barrés) nos souffrances ne doivent pas compter devant le but à atteindre et nous l’atteindrons. Crois, mon cher frère, à toute mon affection et reçois mes plus affectueux baisers. Mathieu »

La lettre de Suzanne donne des nouvelles de Lucie et des ses enfants et lui prodigue des encouragements.

Auteur
Dreyfus, Suzanne
Dreyfus, Mathieu (1857-1930)
Date de publication
1896-05-25
Siècle
19
Régime ou époque
Troisième République
Région
Europe de l'Ouest > France
Lieu d'édition
Paris
Pays d'édition
France
Parcours de vie
Affaire Dreyfus
Thématique
Acte judiciaire > Affaire Dreyfus
Type de document
Lettre manuscrite
Langue principale
français
Format
In 8
Nombre de pages
4
Propriété
Collection Nicolas Philippe
Remarques sur le contexte historique

Reinach T2, p. 304, et Lettres d'un innocent, p. 180.

Alfred sombre dans la dépression. Il a cessé d'écrire son journal le 5 mai : "Je n'ai plus rien à dire, tout se ressemble dans son atrocité." Le 7 mai, il demande à son épouse Lucie de cesser de lui envoyer des vivres en raison "des visites minutieuses que cela provoque". Selon Reinach, "il avait la sérénité des mourants". Alfred fait implicitement référence à cette lettre le 4 août à Lucie : "J'ai reçu tes lettres de mai et juin toutes ensemble, ainsi que celles de la famille" et encore le 24 août : "dis bien à Mathieu que si je ne lui écris pas plus souvent, c'est que je le connais trop bien, c'est que sa volonté restera toujours aussi inflexible, jusqu'au jour de l'éclatante lumière". Alfred a donc repris courage à cette date, mais les espoirs formulés dans la lettre ne reposent sur rien. Mathieu a echoué dans toutes ses démarches. Il n'ose pas écrire à son frère. Il s'agit avant tout de soutenir son moral, car sa dépression a préoccupé sa famille.

N° boîte
B08
N° d'inventaire
D014
Permalien
https://fhju.fr/idurl/1/222


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